Baromètre des produits structurés – Janvier 2026

Bienvenue dans ce premier Baromètre des produits structurés de l'année 2026 ! Janvier est toujours un mois particulier sur les marchés : les investisseurs repositionnent leurs portefeuilles, les banques centrales donnent le ton pour les mois à venir, et les émetteurs proposent de nouvelles fenêtres de souscription. Ce mois-ci, nous avons passé en revue les caractéristiques des produits disponibles sur le marché pour vous aider à mieux comprendre ce que les émetteurs proposent, dans quel contexte, et ce que cela peut signifier pour vous. Comme toujours, l'objectif n'est pas de vous dire quoi faire, mais de vous donner les clés pour comprendre ce que vous regardez.

Analyse

Un marché qui cherche ses repères en ce début d'année

Janvier 2026 s'ouvre dans un contexte de marché contrasté. Les grandes banques centrales — Fed en tête, suivie de la BCE — maintiennent une posture prudente sur les baisses de taux, après une fin 2025 marquée par une inflation plus persistante que prévu dans certains secteurs de services. Cette prudence monétaire a plusieurs conséquences directes sur les produits structurés : elle maintient les rendements obligataires à des niveaux encore attractifs, ce qui permet aux émetteurs de construire des produits avec des coupons intéressants sans prendre des risques excessifs sur les sous-jacents.

En parallèle, les marchés actions européens et américains affichent une certaine nervosité en ce début d'année, alimentée par des incertitudes géopolitiques persistantes et des publications de résultats d'entreprises contrastées. Cette volatilité modérée mais réelle est, paradoxalement, une bonne nouvelle pour les produits structurés : elle permet de générer des primes d'options plus généreuses, qui se traduisent par des coupons plus élevés ou des protections renforcées.

Les niveaux de rendement et de protection : que nous dit le marché ?

En observant les produits disponibles ce mois-ci, on note des tendances intéressantes selon les grandes familles de produits :

  • Les produits de type autocall affichent un rendement moyen autour de 7,8 % par an, avec une barrière de protection moyenne aux alentours de 45 % de baisse du sous-jacent. Cela signifie concrètement que le capital n'est menacé qu'en cas de chute très sévère des marchés — de l'ordre de plus de 55 % depuis le niveau initial. C'est une structure qui reflète un équilibre entre recherche de rendement et tolérance au risque modérée.
  • Les produits phoenix, qui versent des coupons conditionnels à chaque date d'observation, présentent un rendement moyen légèrement inférieur, autour de 7,6 % annualisé, mais avec une protection nettement plus élevée, autour de 83 %. Cette différence s'explique : plus la protection est forte, plus le coût de construction du produit est élevé pour l'émetteur, ce qui réduit mécaniquement le coupon proposé. Ce type de produit s'adresse souvent à des investisseurs qui souhaitent percevoir des revenus réguliers tout en limitant davantage le risque sur leur capital.
  • Les autres structures observées ce mois-ci affichent une protection totale du capital (100 %), avec un rendement moyen autour de 8,6 %. Cela peut sembler contre-intuitif — comment avoir à la fois une protection maximale et un rendement élevé ? La réponse tient souvent à la durée du produit, à la nature du sous-jacent ou à des mécanismes de participation plafonnée. Il est important de lire attentivement les conditions : une protection totale à l'échéance ne signifie pas une absence de risque à tout moment de la vie du produit.

La diversité des émetteurs : un signal de bonne santé du marché

Ce mois-ci, pas moins de neuf émetteurs différents sont présents sur le marché, parmi lesquels BNP Paribas, SG Issuer, Morgan Stanley, Goldman Sachs, UBS, HSBC, Citigroup et d'autres. Cette diversité est une bonne nouvelle pour les investisseurs, et ce pour plusieurs raisons.

Premièrement, elle témoigne d'un marché actif et concurrentiel. Quand plusieurs grandes institutions financières mondiales proposent simultanément des produits structurés, cela crée une forme de pression à la qualité : les conditions proposées doivent être suffisamment attractives pour trouver preneurs. Deuxièmement, cette diversité vous permet, en tant qu'investisseur, de ne pas concentrer votre risque de contrepartie sur un seul émetteur. Car rappelons-le : dans un produit structuré, vous êtes créancier de l'émetteur. Si celui-ci venait à faire défaut — scénario rare mais non nul —, votre capital serait exposé, indépendamment de la performance du sous-jacent. Diversifier les émetteurs, c'est aussi diversifier ce risque.

Ce que les niveaux de protection nous disent du contexte de marché

Une barrière de protection moyenne autour de 45 % pour les autocalls est un niveau que l'on observe généralement dans des contextes de volatilité modérée à élevée. En période de marchés très calmes, les émetteurs peuvent se permettre de proposer des barrières plus basses (donc une protection plus forte) pour le même niveau de coupon. Le fait que les barrières soient relativement hautes ce mois-ci suggère que la volatilité implicite — c'est-à-dire la volatilité anticipée par les marchés d'options — reste à des niveaux significatifs.

Pour vous, investisseur, cela veut dire deux choses : d'un côté, les rendements proposés sont attractifs précisément parce que les marchés intègrent une certaine incertitude. De l'autre, cette incertitude est réelle, et il est important de ne pas sous-estimer la possibilité de scénarios adverses. Un produit avec une barrière à 45 % de baisse vous protège contre beaucoup de choses — mais pas contre tout.

Durée, liquidité et points de vigilance

Les produits structurés sont des instruments conçus pour être détenus jusqu'à leur échéance ou jusqu'à leur remboursement anticipé (dans le cas des autocalls). La liquidité avant l'échéance existe généralement, mais elle peut être limitée et se faire à des conditions défavorables. En début d'année, il est utile de se rappeler ce principe fondamental : avant de souscrire à un produit structuré, assurez-vous que vous n'aurez pas besoin de ces fonds à court terme. Ces produits ont une durée de vie qui peut aller de quelques mois (en cas de remboursement anticipé) à plusieurs années.

Par ailleurs, la transparence sur les frais reste un point d'attention. Les coûts sont souvent intégrés dans la construction même du produit et ne sont pas toujours visibles de manière directe. N'hésitez pas à demander à votre conseiller une décomposition claire de la valeur à l'émission et des scénarios de performance.

Conclusion

Ce premier baromètre de 2026 nous montre un marché des produits structurés actif, avec des rendements qui restent attractifs dans un environnement de taux encore élevés et une volatilité qui offre des opportunités de construction intéressantes. La diversité des émetteurs et la variété des profils de protection témoignent d'un marché mature, capable de répondre à des besoins d'investissement très différents. Mais comme toujours, la clé reste la compréhension : un produit structuré n'est pas une boîte noire. Chaque caractéristique — le sous-jacent, la barrière, le coupon, la durée, l'émetteur — a une signification et un impact sur votre risque réel. Prenez le temps de lire les documents d'information clé (DIC), posez des questions, et assurez-vous que le produit que vous envisagez correspond véritablement à votre situation patrimoniale et à votre horizon de temps. Rendez-vous en février pour la prochaine édition !